11 novembre 1906 – L’aéronaute italien Celestino Usuelli franchit les Alpes d’est en ouest en ballon


Dans un article publié le jeudi 2 septembre 2021, Pilote de montagne (PDM) saluait la témérité d’un aéronaute affrontant les plus hauts massifs montagneux pour les franchir et s’en affranchir. Reliant Marseille à Turin (Italie) en 1849, le Lyonnais Francisque Arban inspire, mais bien plus tard, un homologue transalpin, qui effectue, pour sa part, le trajet Milan/Aix-les-Bains (73/Savoie). Retour sur la vie mouvementée d’un passionné de montagne, sous toutes ses formes…

Celestino Usuelli (né à Milan le dimanche 8 avril 1877 et décédé à San Germano Vercellese le mardi 6 avril 1926) est un alpiniste, mais surtout un scientifique et ingénieur aéronautique italien, pionnier dans le développement de l’aviation en Italie, notamment dans le domaine des dirigeables.

DES DÉBUTS D’ALPINISTE

Dès son plus jeune âge, Celestino Usuelli développe une forte activité commerciale avec l’Amérique latine. Il est très vite attiré par l’escalade des montagnes des Andes et, en 1901, est le premier alpiniste à gravir le sommet du volcan Chachani, au Pérou (6 075 mètres d’altitude). En 1903, il est le second alpiniste à gravir le volcan équatorien de Chimborazo[iv] (6 310 m).

ACTIVITÉS AÉRONAUTIQUES

Souhaitant plus que tout faire avancer l’aéronautique, Usuelli s’intéresse aux plus légers que l’air.

Ballons et aérostats

À peine revenu en Italie, Usuelli effectue ses premiers vols en ballon.

En juin 1906, il quitte Milan avec deux amis aéronautes mais il est entraîné, sur 400 km, par un vent d’une violence extrême qui le précipite dans la mer Adriatique à la suite d’une tempête au large d’Ancône. Usuelli s’en sort sans gravité mais ses deux camarades sont tués dans l’accident.

Cinq mois plus tard, dans le cadre des manifestations organisées pour l’Exposition internationale de Milan, Usuelli réussit un exploit en étant le premier à traverser les Alpes, à bord d’un ballon surnommé ‘Cita di Milano’, à partir du versant italien. Le dimanche 11 novembre 1906, il survole le massif avec Carlo Crespi, en un peu plus de quatre heures, entre Milan et Aix-les-Bains en Savoie.

Le vendredi 5 juillet 1907, Usuelli atteint l’altitude de 5 700 mètres dans un ballon puis participe à diverses compétitions internationales d’aérostats, comme les éditions de la Coupe Gordon Bennett en 1908 et en 1912. Lors de cette dernière édition, il établit, avec Aldo Finzi, le record italien de distance et de durée, couvrant 1 112 km en 28 heures et termine à la dixième place du classement général.

Les dirigeables Usuelli

Après avoir obtenu le mercredi 10 août 1910, le brevet de pilote de dirigeable, Usuelli, passionné par ce moyen de transport aérien, se consacre à la conception et à la construction de dirigeables et installe son laboratoire à la Bovisa, dans la banlieue de Milan. Parmi ses réalisations, il faut signaler le U.3 de 1914, un dirigeable destiné à la formation des futurs pilotes de dirigeables et l’U.4, un aéronef militaire prévu pour lutter contre les sous-marins.

DISPARITION PRÉMATURÉE

Celestino Usuelli poursuit son activité de construction qui l’amène, en 1919 à Rome, à concevoir, en collaboration avec trois autres ingénieurs spécialistes italiens (Umberto Nobile, Eugenio Prassone et Gaetano Arturo Crocco), le dirigeable géant T.34. Revendu, en 1921, à la Marine des États-Unis d’Amérique, cet appaeil sera renommé ‘Roma’.

Ayant tout juste terminé les études d’un dirigeable encore plus gros, le T.120 quand, il décède dans un accident automobile le mardi 6 avril 1926, à l’âge de seulement quarante-neuf ans.

ÉPILOGUE

En 1906, les avions ne s’aventurent pas encore dans les contrées montagneuses car ils sont trop fragiles et peu puissants. Surtout, il faudrait aux pilotes un sacré culot pour tenter ce qui semble encore impossible.

A contrario, si les ballons peuvent s’élever dans les airs sans difficulté, ils sont soumis aux caprices de vents parfois contraires et leur trajectoire est très aléatoire. Dans ce contexte, l’apparition des dirigeables peut être présentée comme un progrès notoire, mais ces appareils sont lents, finalement peu maniables et, par conséquent, peu adaptés à l’exploitation de lignes commerciales à travers les massifs.

Malgré cela, l’Histoire retiendra que les premiers aviateurs de montagne auront été des aéronautes téméraires démontrant que le survol des massifs était possible…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein


SOURCE

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