14 mai 2005 – Didier Delsalle se pose sur le Toit du monde


Né le mercredi 6 mai 1957 à Aix-en-Provence (13/Bouches-du-Rhône) Didier Delsalle est un pilote d’essais sur hélicoptères. C’est le premier (et le seul) homme au monde ayant posé un hélicoptère de série, l’Écureuil AS350 B3, au sommet de l’Everest (8 848 m) le samedi 14 mai 2005.

PARCOURS PROFESSIONNEL

Didier Delsalle rejoint l’armée de l’Air française en 1979 en tant que pilote de chasse.

Deux ans plus tard, il devient pilote d’hélicoptère et participe, pendant près de dix ans, à des opérations de Recherches et de Secours (Search and Rescue [SAR]).

Puis il intègre l’École du personnel navigant d’essais et de réception (EPNER), sur la Base aérienne 125 d’Istres-Le Tubé au sein de laquelle il se spécialise dans les essais expérimentaux pendant cinq ans. Il rejoint la société Eurocopter, filiale d’EADS, pour y devenir pilote expérimental et responsable des petits hélicoptères de la famille des monomoteurs, puis de la chaîne NH90, un hélicoptère moyen destiné aux armées de l’OTAN.

UNE SUITE DE RECORDS DU MONDE D’ALTITUDE

L’Écureuil AS350 B3 est une version hautes performances de l’Écureuil, équipée d’une turbine Turbomeca Arriel 2B de 847 CV et d’un système FADEC. Le prototype de cet appareil effectue son premier vol le lundi 3 mars 1997 puis est certifié le mercredi 24 décembre 1997. Les livraisons commencent en janvier 1998.

En 2005, aux commandes de son Écureuil immatriculé F-WQEX, Didier Delsalle établit plusieurs records du monde d’affilée :

  • Record de vitesse d’ascension à 3 000 m (9 843 pieds).
  • Record de vitesse d’ascension à 6 000 m (19 685 pieds).
  • Record de vitesse d’ascension à 9 000 m (29 528 pieds) 2005.

Maintenant qu’il a démontré que son appareil pouvait dépasser l’altitude de l’Everest, quoi de plus naturel que de tenter de s’y poser ?

EXPLOIT DU 14 MAI 2005 SUR LE TOIT DU MONDE

Arrivé sur l’Altiport de Lukla (Népal) le 5 mai 2005, l’équipe d’Eurocopter s’attelle à la préparation de ce qui doit devenir l’ultime record : le posé sur le mont Everest, « le toit du monde » comme on dit. Il s’agit autant de reconnaître les itinéraires que d’étudier les phénomènes aérologiques spécifiques à la région. En effet, la raréfaction de l’oxygène impose un temps d’acclimatation et les vents peuvent y souffler à plus de 300 km/h. Didier Delsalle doit déterminer quelles sont les zones de vents rabattants et ascendants. Il raconte : « J’ai trouvé un courant ascendant tellement fort que j’ai pu monter quasiment sans puissance ».

Il s’agit également de faire en sorte que le record soit validé de manière officielle, sans prêter le flanc à quelque litige ou contestation que ce soit. C’est pourquoi l’appareil est équipé d’une batterie de sondes et de caméras vidéo filmant aussi bien l’intérieur que l’extérieur de la cabine, ainsi que l’environnement de l’aéronef afin de prouver la réalité de l’exploit.

Le samedi 14 mai 2005, au petit matin, Didier Delsalle bat le record du monde de posé en altitude, en imprimant la marque de son patin droit sur le sommet de l’Everest durant 3 minutes et 50 secondes. Cependant, le pilote souhaite réitérer son exploit afin de de prouver que le premier posé ne tenait pas du miracle.

 

Le dimanche 15 mai 2005, les conditions sont bien plus difficiles ce jour-là mais il ne peut attendre qu’elles s’améliorent car il ne faut pas mettre en danger des alpinistes, nombreux lorsqu’elles sont bonnes. « C’est tellement incroyable de gravir l’Everest ! »

L’exploit réside également dans le fait que l’hélicoptère utilisé est un Écureuil AS350 B3 de série auquel on a uniquement retiré les éléments de confort jugés inutiles, comme les sièges passagers par exemple, pour réduire finalement le poids de 120 kg, avec seulement une heure d’autonomie en carburant.

Au moins un record de posé et de décollage en altitude que jamais personne ne pourra contester à Didier Delsalle…

ÉPILOGUE

Si l’exploit de Didier Delsalle est avant tout une prouesse humaine et individuelle, fruit d’un entraînement intense et d’une condition physique exceptionnelle, à ce niveau d’expertise et à cette altitude, il s’agit également d’un exploit technologique et collectif, uniquement réalisable par un appareil à voilure fixe.

N’oublions pas que si Jean-Marc Boivin s’était élancé en parapente depuis le sommet de l’Everest le dimanche 26 septembre 1988, il y était monté à pied. Soulignons aussi que le posé de Didier Delsalle sur l’Everest n’est pas record d’ordre sportif destiné à augmenter la notoriété d’un quelconque sponsor. Il s’agit bien de démontrer qu’une machine moderne et performante peut accéder aux plus hauts sommets du monde pour, éventuellement porter secours aux himalayistes en perdition.

Il ne s’agit pas d’un concept qui ne se vérifiera que quelques décennies plus tard, mais bien d’un scénario très réaliste. Ainsi, le mardi 21 mai 2013, le pilote italien Maurizio Folini (« le Saint-Bernard de l’Himalaya »), de la compagnie Fishtail Air aux commandes, lui aussi, d’un Eurocopter AS350 B3, bat le record mondial d’altitude pour un hélitreuillage en sauvant l’alpiniste népalo-canadien Gautam Sudarshan en le récupérant à 7 800 mètres d’altitude et en le ramenant au camp de base…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein


SOURCES

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