7 mars 1911 – Eugène Renaux devient le premier pilote de montagne


Au début du XXe siècle, l’aviation naissante doit essentiellement son essor aux initiatives de riches sponsors, comme des marques de Champagne par exemple. En effet, la création de prix prestigieux, car dotés de sommes mirobolantes pour l’époque, encourage des pilotes téméraires à tenter l’aventure, leur permettant d’acquérir  une renommée attirant de nouveaux soutiens, financiers et/ou politiques. A contrario, les mécènes se font une publicité à bon compte, celle-ci renforçant la réputation des entreprises lançant des défis, semblant parfois irréalisables. Une recette qui fera ses preuves jusqu’à nos jours. Concourant pour le Prix Michelin d’aviation, le pilote français Eugène Renaux accomplit, le samedi 7 mars 1911, un exploit incroyable en se posant près du sommet du puy de Dôme, à 1 465 mètres d’altitude…

MICHELIN ET L’AÉRONAUTIQUE

Au début du XXe siècle, la firme Michelin et Cie est dirigée par les frères André (1853-1931) et Édouard Michelin (1859-1940). La principale activité de la société consiste à équiper les cycles et les automobiles de pneumatiques solides et résistants. Cependant, la passion d’André pour l’aviation remonte au 5 juillet 1896, après que Georges Besançon lui ait offert son baptême de l’air à bord du ballon sphérique ‘Le Touring-club’. En 1898, il rejoint l’Aéro-Club de France (AéCF) où, de simple membre titulaire, il devient rapidement membre du Comité de direction, puis président d’honneur de la Commission d’aviation (‘sous-commission d’expériences d’aviation’) en 1903. Pour lui, l’aviation est « une industrie pleine d’avenir, aussi bien au point de vue de la vie civile qu’au point de vue de la guerre ».

Les frères Michelin entrevoient donc très tôt le potentiel industriel et publicitaire d’une activité qui relève encore, pour beaucoup, de l’aventure et de l’expérimentation. Bien plus, ils envisagent déjà son exploitation en situation de guerre, au contraire des militaires qui ne reconnaîtront que trop tard les possibilités offertes par la future « cinquième arme ».

L’engagement des frères Michelin dans l’aéronautique se traduit tout d’abord par la création de plusieurs prix sportifs. Si les récompenses encourageant les aviateurs à repousser leurs limites et celles de leurs appareils témoignent du réel intérêt d’André et d’Édouard Michelin pour l’aviation, elles constituent également un support publicitaire de premier choix pour l’entreprise, soucieuse d’associer son image à celle du progrès technique et de l’innovation. C’est ainsi que naît, le vendredi 6 mars 1908, un Prix Michelin d’aviation doté de 100 000 francs (soit 44 770 465,14 euros de 2023).

CONCEPT DU PRIX MICHELIN D’AVIATION

Bien entendu, pour remporter cette somme, le pilote devra remplir un certain nombre de conditions, dûment vérifiées par une commission d’homologation parfaitement impartiale. Ainsi, le règlement stipule :

« Ce prix sera attribué au pilote du premier appareil à deux places occupées qui établira, avant le 1er janvier 1918, le record suivant, régulièrement homologué : s’envoler d’un point quelconque des départements de la Seine ou de Seine-et-Oise, passer au-dessus du parc de l’Aéro-Club de France, voler jusqu’à Clermont-Ferrand, virer autour de la cathédrale en la laissant à droite et à une distance d’environ 1 300 mètres, puis venir se poser au sommet du puy-de-Dôme, dans la zone délimitée par la dernière branche du chemin de fer. Le parcours devra être effectué dans un délai moindre de six heures, temps chronométré du passage au-dessus de l’Aéro-Club de France à l’atterrissage au sommet du puy-de-Dôme. »

Au vendredi 6 mars 1908, au moment de la création de prix, le record de durée de vol établi par Henry Farman n’est que de 1 min 28 s, ce qui explique l’accueil railleur de la presse à l’annonce de la création du prix Michelin d’aviation, L’Aurore titrant par exemple : « Paris-Clermont en avion, la bonne blague ! »

Cumulant des contraintes de lieux, de distance (366 km) et de temps (moins de six heures de vol), le Prix Michelin d’aviation en rajoute une dernière, à savoir l’obligation d’atterrir sur un sommet perché à 1 465 mètres d’altitude… Or, en 1908, aucun pilote ne s’est encore aventuré en montagne et personne ne sait comment atterrir sur terrain accidenté.

De suite, la difficulté de ce challenge suscite des controverses et on reproche aux frères Michelin d’avoir lancé un défi impossible à réaliser pour s’offrir une publicité gratuite. La cause est entendu, personne ne décrochera les 100 000 francs promis…

DES TENTATIVES AVORTÉES

C’est cependant sans compter sur la volonté de pilotes téméraires, prompts à relever un défi pour remporter une récompense permettant d’entreprendre de nouveaux projets.

Première tentative

Le mercredi 7 septembre 1910, Charles Terres Weymann et Manuel Fay effectuent la première tentative à bord d’un biplan Farman. Après avoir décollé de Buc, au sud de Versailles, à 11h 47, ils sont gênés par la brume à partir de Nevers et s’égarent.

Lorsqu’ils retrouvent leur chemin près de Volvic (63/Puy-de-Dôme), à seulement 15 km du but, le délai de six heures fixé par le règlement est dépassé. Ils sont obligés d’atterrir dans le hameau d’Égaules.

Malgré tout, cette expédition aérienne constitue à elle seule un exploit, présenté comme tel par la presse spécialisée et mentionné dans la presse quotidienne.

La tentative des frères Morane

Fin septembre 1910, Robert Morane se rend dans la région de Clermont-Ferrand pour reconnaître le « minuscule terrain d’atterrissage ».

Le mercredi 5 octobre 1910, Robert et Léon Morane effectuent la deuxième tentative au départ d’Issy-les-Moulineaux, au sud de Paris. Après avoir longuement fait chauffer le moteur quatre cylindres et 100 CV de leur monoplan Blériot, ils décollent et passent à la verticale du parc de l’Aéro-club de France à 9 h 48 min 33 s, ce qui lance le chronométrage officiel.

Malheureusement, l’avion s’écrase près de Boissy-Saint-Léger, blessant grièvement ses occupants. Léon a une jambe cassée et Robert souffre de contusions internes.

Le lundi 6 février 1911, afin de contraindre les concurrents à atterrir en douceur, André Michelin rajoute aux conditions d’obtention du prix que l’aéronef ne doit pas être brisé à l’arrivée…

LA TENTATIVE RÉUSSIE

Un peu plus tard dans l’année, un jeune aviateur du nom d’Eugène Renaux relève le défi en compagnie de son mécanicien, Albert Senouque.

Né à Paris (20e Arrondissement) le samedi 27 janvier 1877 et d’un tempérament sportif, Eugène Renaux s’illustre aux commandes de nombreux moyens de locomotion de son époque, qu’il s’agisse du bicycle, de la motocyclette, de l’automobile, de l’avion ou du ballon…

Deux roues

Dès 1886, il participe à des courses de bicycles.

À partir de 1896, en collaboration avec son père, il s’adonne à la motocyclette, discipline dans laquelle il remporte la course Paris/Saint-Malo en 1899.

Course automobile

En août 1906, il remporte sur Mercedes la Coupe du Matin, une course automobile par étape de 6 000 km à travers la France.

Le mardi 6 août 1907, il gagne sur Peugeot la Coupe de la Presse, épreuve de vitesse réservée au voiture de tourisme, sur le circuit de Lisieux (14/Calvados).

Renaux et l’aviation

Après la vente de son agence d’automobile en 1910, Eugène Renaux se retrouve rentier. En février 1910, il rencontre Maurice Farman, qui lui suggère de se lancer dans l’aviation, une activité encore balbutiante, mais pleine d’avenir. Après lui avoir offert un baptême de l’air, Maurice Farman lui vend un biplan Farman III muni d’un moteur Renault de 50/60 CV (8 cylindres ‘en V’ de 90 mm d’alésage et de 120 mm de coure…), qui sert à son apprentissage.

En juillet 1910, après six vols d’un quart d’heure derrière Farman (soit une heure et demie en l’air…), Eugène Renaux est lâché et effectue seul, trois fois, le tour d’un pommier situé à cinq kilomètres de là, obtenant ainsi son brevet de pilote d’aéronef, le numéro 139. Salut l’artiste…

Moins de 20 jours après l’obtention de son brevet de pilote, Eugène Renaux participe déjà au meeting de Caen. Du dimanche 14 au dimanche 21 août, il participe à celui de Nantes, avant d’aller à ceux de Dijon, Liège et La Rochelle cette même année.

Participation au challenge Michelin d’aviation

Au début de l’année 1911, Eugène Renaux et Maurice Farman décident de concourir pour le Prix Michelin d’aviation. Aidé de Farman, Eugène Renaux se prépare pour un vol biplace avec Albert Ulysse Senouque, son mécanicien, comme passager.

Préparation du vol

À partir du moment où Eugène Renaux s’engage sur cette épreuve, il se rend tous les matins avec Albert Senouque, Maurice Farman, le chronométreur officiel et le commissaire au Palais de l’automobile, un garage de Paris appartenant à Farman, pour faire le point sur la météo sur le parcours.

Au matin du cinquième jour, le mardi 7 mars 1911, la météo est favorable et plus rien ne s’oppose plus au départ. Le règlement imposant de démarrer le chronomètre en vol à la verticale du parc de l’Aéro-Club de France, près de Saint-Cloud, Renaux se rend ensuite à l’aérodrome Maurice Farman, à Buc, où son aéronef, un biplan Farman muni d’un moteur Renault, l’attend.

C’est parti…

À 9 h 12, Renaux et Senouque, survolent le parc : le chronomètre est déclenché. Pour remporter le Prix, ils devront se poser au sommet du Puy de Dôme avant 15 h 12.

À 10 h 18, ils passent au-dessus de Montargis (45/Loiret).

À 11 h 53, Renaux et Senouque se posent sur l’aérodrome du Peuplier seul, près de Nevers (58/Nièvre), créé en 1910 par Jean Daillens, un autre pionnier de l’aviation (et qui deviendra l’aérodrome de Cheutinville en 1913) pour ravitailler, ravitaillement indispensable étant donné les contraintes imposées par le parcours. Sur place Renaux est attendu par son mécanicien Georges Brou (qui, pendant la Première Guerre mondiale, sera le mécanicien de Georges Guynemer) et par une foule nombreuse et enthousiaste. Malheureusement, le temps est compté, après 14 minutes et un ravitaillement en huile (chaude) et en essence (filtrée), le biplan reprend les airs en direction de Moulins (Allier) à 12 h 07…

À 13 h 20, le binôme survole Moulins où la foule s’est amassée sur les quais de l’Allier pour les voir passer.

Puis, à partir de Gannat, l’appareil prend de l’altitude, Clermont-Ferrand s’offre enfin aux yeux des aviateurs vers 14 h 10, la cathédrale est contournée comme il se doit, alors que dans l’air résonnent les sirènes des usines Michelin. Le sommet du puy de Dôme est là, à une portée d’aile…

Reste à entamer la manœuvre la plus délicate, c’est-à-dire se poser sur un emplacement (marqué par un mât surmonté d’un drapeau rouge prolongé au sol d’une bande de même couleur), que Renaux qualifie lui-même de « périmètre restreint, biscornu, entouré d’obstacles, mesurant dans ses plus grandes dimensions 65 pas sur 35… » (soit environ 50 mètres sur 27…). La technique d’atterrissage retenue par le pilote (et relatée ici) est « simple » : descendre en spirale autour du puy de Dôme pour arriver bien en dessous du niveau du terrain, virer brusquement pour être face à la paroi, cabrer brutalement l’appareil en mettant tous les gaz pour se mettre en perte de vitesse absolue juste au-dessus du point repéré sur le terrain et se poser (simple appréciation des relations entre la vitesse, la distance et l’altitude !).

Opération réussie. Il est alors 14 heures 23 et l’avion s’arrête à cheval sur la bande rouge. Le terrain est si exigu qu’il ne peut même pas être roulé et il faut carrément le porter pour le mettre à l’abri du vent. Les 366 kilomètres ont été parcourus en 4 heures 56 de vol effectif, pour une durée totale de 5 heures 10 minutes 46 secondes. Le Grand Prix d’aviation Michelin est enfin remporté.

Toutes les exigences étant remplies, ils remportent le Prix Michelin d’aviation et les 100 000 francs promis aux vainqueurs. De quoi voir venir… Pour la petite histoire, André Michelin libelle le chèque à l’odre d’Eugène Renaux et le date au vendredi 7 avril et le remet officiellement au pilote, à Paris, dans les locaux de la Sorbonne le mardi 11 avril 1911…

HOMMAGES

Le lendemain de l’exploit, le journal ‘l’Auto’ s’exclame :

« Il est venu là sans une hésitation, sans une embardée,il est descendu du ciel comme la colombre évangélique  ! »

Le même jours, lors du banquet organisé par la municipalité de Clermont-Ferrand en l’honneur des aviateurs et des donateurs du Prix, Eugène Renaux déclare, en guise de remerciements :

« (…) Je commence par mon ami Senouque, mon bon et courageux collègue qui a bien voulu m’accompagner. Je dois ajouter que j’ai trouvé auprès de Monsieur Mathias, directeur de l’Observatoire et auprès de ses collaborateurs, un concours précieux. J’ai pu, grâce à eux, être tenu au courant de la température et de l’état atmosphérique, ils ont été pour moi, tout à fait aimables et charmants. Enfin, je remercie beaucoup Monsieur Michelin et sa belle initiative lorsqu’il a créé le prix de 100 000 francs. J’avais bien compris son idée d’encourager la construction d’un appareil qui pourrait se poser au sommet du Puy de Dôme, c’est-à-dire dans des conditions excessivement difficiles, sans secousses, sans heurts, sans « casser du bois » comme nous disons. Cette initiative a amené la création de l’appareil répondant à ce but. Cet appareil a été réalisé par Maurice Farman, mais c’est Monsieur Michelin qui a posé le problème car c’était là qu’était la vérité (…)»

En 1923, un buste du pilote, œuvre du sculpteur auvergnat Raoul Mabru, est érigé sur le site, tandis ne plaque scellée au sol mentionnant « ici a atterrit Renaux » est apposée à l’endroit précis de l’atterrissage.

Le dimanche 8 juillet, le Président de la République, Alexandre Millerand, se rend sur les lieux pour inaugurer le monument en présence des deux héros.

La plaque a depuis été remplacée et se trouve regroupée avec le buste.

Il faut attendre le dimanche 27 novembre 1932, pour voir une nouvelle fois un aéronef se poser au sommet du puy de Dôme. Parti de l’aérodrome d’Aulnat (63/ Puy-de-Dôme) à 10 heures 45 sur un Caudron C.270 Luciole à moteur Salmson 95 CV équipé d’un train d’atterrissage et de freins Messier d’un nouveau type, Henri Valot se pose au sommet du Puy de Dôme à 11h 15, malgré une approche rendue difficile par de violents remous et un vent d’ouest assez fort.

UNE VIE DISCRÈTE

Après son succès au puy de Dôme, Eugène Renaux mène une vie relativement discrète. Les seuls éléments que nous avons pu réunir jusqu’à présent sont les suivants.

En 1913, l’aviateur crée le premier des hydroaéroplanes Maurice Farman, équipés de flotteurs, ainsi qu’un avion à fuselage surélevé pour avoir de plus grandes hélices et pouvant être modifié en hydravion.

Sur certaines archives photos, on voit l’aviateur, aux commandes d’un hydravion, en compagnie du prince Albert Ier de Monaco, puis l’un de ces appareils survolant le port de la principauté.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, Eugène Renaux est affecté aux usines Farman, totalise 3 500 vols pour les essais et livraisons. En 1916, le dynamique Charles Waseige, directeur technique des moteurs Farman, prend la décision de réunir quelques amis à un « déjeuner du Vendredi ».

Le premier adhérent est Louis Bechereau, Directeur de la Société Deperdussin (qui deviendra la Société de production des aéroplanes Deperdussin (SPAD), constructeur d’avions de chasse que le héros légendaire, Georges Guynemer, rendra célèbre, baptisant son avion « Vieux-Charles ».

Un troisième membre, pilote-précurseur, Eugène Renaux, se joint à cette première formation, qui deviendra le ‘Tomato Juice’ en 1933. Les trois personnalités représentent bien les trois branches de l’Aéronautique : les moteurs, les cellules et le pilotage.

Le lundi 22 juillet 1929, il épouse en seconde noce le la cantatrice (contralto) française Catherine Julie ‘Ketty’ Lapeyrette (mercredi 23 juillet 1884 – dimanche 2 octobre 1960), qui restera à l’Opéra de Paris pendant 30 ans, se produisant rarement hors de France. À partir de 1944, elle enseignera au Conservatoire de Paris.

Officier de la Légion d’honneur et titulaire de la grande médaille d’or de l’Aéro-Club de France, Eugène Renaux s’éteint le vendredi 25 novembre 1955 et repose, depuis, au cimetière du Père-Lachaise (Paris), Division 62.

COMMÉMORATIONS

L’exploit d’Eugène Renaux est un événement propice aux commémorations. Malheureusement, rares sont les documents disponibles

Le ‘quarantième’ anniversaire

Nos recherches nous ont permis de dénicher une vidéo intitulée ‘Commémoration du 40ème anniversaire de l’atterrissage d’Eugène Renaux’, le commentaire de ce document datant la prise de vue de ‘mars 1951’ :

Or, apparaît à l’écran une Alouette II (?) arrivant sur site pour y débarquer des officiels, ce qui pose question. En effet, le premier vol de l’hélicoptère SNCASE SE.3120 ‘Alouette’ n’a lieu que le mardi 31 juillet 1951, tandis que le SE.3130-01 immatriculé F-WHHE n’effectue son premier vol sur le terrain du Buc que le samedi 12 mars 1955.

Il y a donc là un mystère, que nos lecteurs pourront peut-être aider à élucider…

Commémoration du Centenaire

En 2011, la société Michelin, en partenariat avec le Conseil général du Puy-de-Dôme, décide de célébrer le centenaire de l’exploit à travers une exposition gratuite organisé du mardi 22 février au dimanche 20 mars 2011, à Clermont-Ferrand, dans le hall d’accueil de l’Aventure Michelin, au 32 rue du Clos-Four (quartier de Montferrand), près du Parc des Sports Marcel Michelin.

Des documents d’époque ainsi qu’une réplique de Breguet 14 (construit sous licence par Michelin lors de la Première Guerre mondiale) y sont exposés.

ÉPILOGUE

Au bilan, un jeune pilote de 27 ans s’engage dans une compétition aérienne pour remporter un prix de 100 000 francs puis, après avoir accompli un exploit exceptionnel, retombe dans un certain anonymat, et enfin dans un incroyable oubli, jusqu’à ne plus survivre que par l’évocation du souvenir de son mariage avec une cantatrice bien plus renommée que lui…

Au fil des ans, le monde de l’Aéronautique a pris pour habitude de dater le début de l’Aviation de montagne au samedi 23 septembre 1910, date à laquelle le Péruvien Jorge Chávez Dartnell passe col du Simplon (qui, entre les Alpes valaisannes à l’ouest et les Alpes lépontines à l’est, connecte le canton suisse du Valais à la province italienne du Verbano-Cusio-Ossola.), à 2 006 mètres d’altitude, avant de s’écraser sur le terrain d’aviation de Domodossola, en Italie. Cependant, ce choix nous semble assez contestable, ce pionnier n’ambitionnant guère de se poser en montagne, mais plutôt de s’affranchir des reliefs accidentés pour relier les grandes métropoles entre elles en réduisant, drastiquement, les durées de trajet.

A contrario, le pilote français atterrit tout près du sommet du puy de Dôme, à 1 465 mètres d’altitude, sur un terrain en herbe particulièrement exigu, car c’est là que les juges ont marqué l’emplacement signalant la réussite du challenge. Malgré les difficultés de l’exercice, il se pose sans encombre et sans avoir conscience qu’il devient alors, en réalité, le véritable premier aviateur de montagne de l’Histoire. Une incohérence que notre site Internet s’emploiera, désormais, à corriger autant que possible…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein

SOURCES

  • Eugène Renaux

          Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Renaux

  • Prix Michelin d’aviation

          Wikipédia

  https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Michelin_d%27aviation#:~:text=Ce%20prix%20a%20%C3%A9t%C3%A9%20propos%C3%A9,5%20h%2010%20de%20vol.

  • Eugène Renaux se pose au sommet du Puy de Dôme le 7 mars 1911

http://riviereesperance.canalblog.com/archives/2011/01/11/19453764.html

  • Eugène Renaux – atterrissage au Puy de Dôme

https://www.aerosteles.net/stelefr-renaux

  • Les 100 ans d’un exploit

https://www.leprogres.fr/societe/2011/03/08/les-100-ans-d-un-exploit

  • Michelin célèbre le centenaire de l’exploit de Renaux

https://www.lecharpeblanche.fr/2011/02/23/michelin-celebre-le-centenaire-de-lexploit-de-renaux/

  • Michelin célèbre le centenaire de l’exploit de Renaux

https://www.lecharpeblanche.fr/2011/02/23/michelin-celebre-le-centenaire-de-lexploit-de-renaux/

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