ÉDITORIAL 18 – Un matin rare en montagne…


Rédigé sous forme de billet d’humeur, l’éditorial de notre expert fustige les nouvelles réglementations imposées par la Loi D3S, sources de pagaille aérienne, en plaine comme en montagne…

Ce lundi matin 7 mars 2022 était bien annoncé comme exceptionnel dans les Alpes, et il le fut…

CÔTÉ PLUS

Après la toute récente annonce officielle que l’altiport de Courchevel s’appellerait bientôt officiellement ‘Michel Ziegler’, des conditions anticycloniques annoncées et vérifiées plus que favorables à nos vols, pas de vent en altitude (mais curieusement 10 kts en plaine pour chasser tout nuage ou brouillard) ), un enneigement propice des altiports et des altisurfaces, surfaces damées ou tassées avec encore un peu de poudreuse pour amortir les atterrissages, une visibilité de l’ordre de 200 Kilomètres, des températures froides favorisant la puissance des moteurs et les taux de montée, un jour de semaine nous mettant à l’abri du trop-plein des pilotes du dimanche et des cordées nombreuses de skieurs et de randonneurs, des redevances curieusement absentes à certains endroits qui les pratiquent d’ordinaire, les restaurants aériens d’altitude ouverts, tout pour plaire et réussir une série de vols et de tests sur skis dans des conditions aussi rarement réunies et réussies.

De Méribel à Huez, en passant par le Saint Sorlin (avec un quatrième atterrissage non prévu pour aider un ‘Mousquetaire’ posé, heureusement sans dommage, sur… roues, à repasser sur skis), des reconnaissances superbes mais infructueuses au Lombard, à la Barbarate et aux Brouffiers pour cause de glaciers soufflés et vagués, des posés à la Bergerie en Oisans, les trois posés règlementaires et les meilleurs du jour à la Girose, loin des crevasses de droite et de celles du haut…

De quoi combler les plus difficiles, les plus expérimentés et les moins blasés des instructeurs-examinateurs montagne et des pratiquants confirmés et réguliers des glaciers.

CÔTÉ MOINS

La longue chauffe avant 9 h 00 d’un moteur non équipé du silencieux obligatoire sous les fenêtres des chalets de l’altiport de Méribel-‘Robert Merloz’, huit avions en tour de piste dont un Ultra léger motorisé (ULM) et un hélicoptère au décollage à 10 h 00, au même moment, au même endroit, la nouvelle interdiction totale de vol entre midi et deux à Megève qui laisse augurer de mesures restrictives de l’ordre de celles qui enferment de plus en plus Toussus dans de multiples plages de silence, un accueil rébarbatif à 14 h 00 à Huez dont le restaurant de l’altiport jette, sans élégance, cinq pilotes et leurs deux mousquetaires pour cause de non réservation, les renvoyant à l’excellent Piper Pub d’Albertville.

RETOUR MOUVEMENTÉ

Pour le retour à Paris au terme d’une journée fabuleuse malgré ses moins, une Zone réglementaire temporaire (ZRT) présidentielle dite ‘Versailles’ devant se terminer à 17h 30 locales et permettant, normalement sans problèmes, le retour à Moisselles largement avant le coucher du soleil, avec une prolongation possible de 15 minutes ou plus annoncée sans autre précision par Paris Info et bloquant en vol, voire au sol ,en les obligeant à se poser à Colommiers ou Étampes, une bonne vingtaine d’avions légers ayant pourtant bien calculé leur arrivée pour échapper, dans les délais écrits du NOTAM à la zone interdite avec, enfin, un pilote annonçant enfin, lui, ce dont le contrôle était curieusement incapable, à tous les appareils sur la fréquence, la désactivation de la zone depuis vingt minutes ! Enregistrements des communications radio sans doute retrouvables si les responsables de tels dysfonctionnements, difficilement gérables, voire accidentogènes pour de jeunes pilotes, acceptaient de les diffuser…

ÉPILOGUE

Un matin rare, mais un soir, après plus de six heures de vol, incompréhensible. Situation devenue de plus en plus fréquente, où les différentes autorités civiles et militaires qui régissent notre aviation créent de plus en plus de circonstances ingérables qui, certes, réjouissent ses adversaires en la rendant de plus en plus impraticable grâce à des textes, mesures, règlements, interdictions, limitations etc. etc. que même les spécialistes finissent par ne plus comprendre ni savoir interpréter !

Demandez donc au ministère des Transports, à la DGAC, à la BGTA, et à toutes les parties intéressées, Préfectures, Mairies, Gendarmeries, comment ils lisent et quelle exégèse appropriée ils pratiqueront de la Loi DS3 sur le sujets atterrissages en montagne, discutée à l’Assemblée Nationale le mercredi 16 février et parue au Journal Officiel de la République Française (JORF) le lundi 21 février 2022.

ʺGOOD LUCK!ʺ

Gérard David

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