20 août 1944 – Deux Junkers 52 s’écrasent à l’Ouest de Courmayeur


Pilote de montagne (PDM) a déjà publié plusieurs articles relatant le crash de bombardiers dans les Alpes dans la deuxième moitié du second conflit mondial. Cependant, il s’agissait d’appareils alliés, anglo-saxons. Aujourd’hui, il s’agit d’avions de transport allemands de type Junkers 52…

Le mardi 15 août 1944, jour du débarquement allié en Provence, la vallée d’Aoste commence à être survolée par des appareils de ravitaillement de l’aviation allemande entre le Nord de l’Italie et les bases aériennes allemandes situées dans le sud-est de la France. Ces missions sont effectuées par des trimoteurs de transport du type Junkers 52 de la Luftwaffe depuis leurs bases italiennes. Pour rejoindre leurs objectifs et éviter d’être interceptés par la chasse alliée, les Junkers 52 volent extrêmement bas et en enfilade tout en prenant des risques dans l’étroite vallée alpine.

Le dimanche 20 août 1944, les Junkers 52 Wnr 7213 codé GA+VA et Wnr 130723 (ou 103723) codé 8T+BV du II/Transporten Geschwader (2e Escadron de transport) décollent du terrain de Gallarate (Lombardie) pour un vol de ravitaillement en armes et en munitions à destination de la base aérienne d’Orange, dans la vallée du Rhône (France).

Après avoir traversé en enfilade le val Verny, les deux appareils rejoignent la vallée du Rhône en franchissant le col de la Seigne (2 513 m). C’est alors que des témoins voient, en l’espace d’un instant, les deux appareils pousser leurs trois moteurs à plein régime puis s’écraser contre la paroi, non loin du refuge Elisabetta, sur le glacier de la Lex blanche. Les premières personnes à accourir sont les partisans du secteur, à la recherche d’éventuelles armes. Ils ne trouvent rien car tout a été détruit dans l’explosion.

À bord des appareils se trouvaient huit membres d’équipage ainsi que des parachutistes :

  • Joseph Algermissen, 30 ans, Unteroffizier (sergent) au Trsp.Flg.Geschwader/1 (5e Escadrille de transport ;
  • Kurt Ebert, 26 ans, Feldwebel (adjudant) Trsp.Flg.Geschwader/1;
  • Helmuth Heins, 24 ans, Oberfänhrich (aspirant) Trsp.Flg.Geschwader/1;
  • Alfred Hoffman, 24 ans, Obergefreiter (caporal-chef) Trsp.Flg.Geschwader/1;
  • Hans Ibs, 24 ans, Unteroffizier Trsp.Flg.Geschwader/1;
  • Willy Koch, 22 ans, Obergefreiter[xiii] Trsp.Flg.Gescwader/1 ;
  • Hermann Stillerr, 36 ans, Feldwebel 5.Trsp. Flg. Geschwader/1;
  • Walter Schleicher, 21 ans, Unteroffizier 63. Ausbildungsregiment (Régiment d’instruction 63)…

Les huit militaires allemands sont inhumés dans un petit cimetière de Courmayeur puis, plus tard, au cimetière d’Aoste. Après la guerre, ils furent exhumés et transférés au cimetière militaire allemand de Costermano (Vénétie).

La cause du double crash est difficile à établir. Il est probable que la cause soit due à des rafales de vent ou, plutôt, à une fausse manœuvre des pilotes causée par la méconnaissance de la zone survolée. Étrangement, dans le rapport officiel, les autorités allemandes accréditent la perte des deux avions de transport à une action ennemie et, en particulier, à un exploit des partisans italiens.

Éléments recueillis par Bernard Amrhein

Previous 17 août 1919 - Le lieutenant suisse Robert Ackermann effectue le premier atterrissage sur glacier de l'histoire
Next À la rencontre de Jeremy Caussade, cofondateur et président d'AURA AÉRO

No Comment

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code