17 juillet 1928 – Joseph Thoret repère deux alpinistes en détresse sur le mont Blanc et déclenche une opération de secours


Depuis sa création, le mercredi 8 septembre 2020, Pilote de montagne (PDM) a consacré plusieurs tweets ainsi qu’un article très détaillé à la figure emblématique de Joseph Thoret, le virtuose du vol hélice calée aussi dénommé « Thoret Tempête » ou « Thortet mont Blanc ». Aujourd’hui, ce court billet s’attache à décrire les qualités humaines de courage et de dévouement dont ce pilote de montagne hors normes a su faire tout au long de sa vie…

LE SAUVETEUR EN MONTAGNE

Établi sur l’aérodrome du Fayet, au tout début de la basse vallée de l’Arve, l’aviateur parcourt incessamment le Massif du mont Blanc pour y expérimenter ses techniques de vol à faible vitesse ou moteur calé, c’est-à-dire, concrètement, moteur coupé. Ce serait donc bien le diable s’il n’avait pas croisé la route de quelques cordées se dirigeant vers les sommets et, bien entendu, vers le plus mythique d’entre eux, le mont Blanc.

Une anecdote dont nous n’avons pas encore réussi à découvrir l’origine veut qu’en survolant cette montagne, le 17 juillet 1928, Joseph Thoret aperçoive ce qu’il interprète comme des signaux de détresse d’alpinistes en difficulté. Mais que faire depuis le ciel, à une époque où le Genevois François Durafour s’est posé, sur roues, sur le dôme du Goûter. Se poserait-il à proximité des alpinistes en difficulté qu’il ne pourrait pas embarquer de passagers ni, bien entendu, redécoller avec son frêle appareil.

La seule solution serait de prévenir, à Chamonix-Mont-Blanc, la gendarmerie et, surtout, la Compagnie des Guides, seule organisation alors capable d’organiser une colonne de secours. Malheureusement, les avions sont encore loin d’être équipés de radios permettant de rendre compte, à une station au sol capable de transmettre l’alerte, de la situation en altitude. Joseph Thoret se résout donc à redescendre au Fayet pour s’y poser et téléphoner aux guides… Les secours une fois alertés, il redécolle pour survoler à nouveau les alpinistes afin de faire comprendre qu’ils ont été vus et qu’ils vont être bientôt secourus…

UN SAUVETAGE AU SOL

Nos recherches nous ont également permis de découvrir un article paru dans Le Petit Journal Illustré n° 1985 publié le 19 août 1928. Mise à la vente en ligne sur le site La Bibliothèque du Souvenir, la gravure un peu naïve ci-dessous présente Joseph Thoret sous un jour peu connu :

« Récemment, à Saint-Gervais-les-Bains, Joseph Thoret se préparait à prendre l’air pour voler au-dessus du mont Blanc quand on vint lui dire que deux hommes et un cheval venaient d’être entrainés dans l’Arve. N’écoutant que son courage, il prit une corde et sauta dans le torrent… »

ÉPILOGUE

Que tirer comme leçons de ces deux courtes anecdotes sinon que Joseph Thoret n’écoutait que son courage pour porter secours aux personnes en perdition ?

Malheureusement, à son époque, les techniques de l’atterrissage en terrain accidenté et les liaisons radio restent encore à inventer et le sauvetage aérien en haute montagne relève de la science-fiction.

Il faudra attendre 18 ans pour que ce savoir-faire se diffuse largement grâce au sauvetage du glacier du Gauli, en Suisse, fin novembre 1946.

Éléments recueillis par Bernard Amrhein


SOURCES

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