16 septembre 1944 : Un groupe de FFI découvre la carcasse d’un avion allemand près du col des Rousses


Depuis sa création, le mardi 8 septembre 2020, Pilote de montagne (PDM) se penche sur les accidents à caractère historique qui se sont déroulés en montagne pendant la seconde guerre mondiale. Dans un article publié le vendredi 20 août 2021, nous nous intéressions, pour la première fois, au crash d’avions allemands, deux Junkers 52, au col de la Seigne, à l’ouest de la ville valdotaine de Courmayeur. Aujourd’hui, PDM revient sur un autre accident, aux circonstances toujours mystérieuses, survenu en Haute-Tarentaise…

LES FAITS

Le samedi 16 Septembre 1944, une patrouille des Forces françaises de l’intérieur (FFI) dirigée par François Mengon retrouve la carcasse d’un avion, probablement allemand, près de la côte 3 023, à proximité du Col des Rousses, vers le mont Miravidi, à 11 kilomètres dans le nord-est de Bourg-Saint-Maurice (73/Savoie).

L’avion, qui serait un bimoteur, est entièrement détruit et deux cadavres carbonisés se trouvent à proximité. Le carnet de bord et une mitrailleuse auraient été récupérés. Dans les années 1950, Léon Gaimard, de Bourg Saint Maurice, confirme avoir vu les débris d’un avion dans cette zone. Le samedi 13 août 2005, Bernard Brunet, de Bourg Saint Maurice, et deux de ses amis, se rendent sur le lieu du crash, qui se situe entre l’Aiguille de Bers (3 024 m) et le Col des Rousses (2 851 m). Trois heures de parcours difficile. Trente-trois photos sont prises des divers éléments encore en place (moteur à 2 cylindres en V inversé, vilebrequin brisé en quatre morceaux, étuis de cartouches de 13 mm datant de 1943, etc.).

IDENTIFICATION DE L’APPAREIL

Diverses pièces comportent le nombre 88 et l’une de ces pièces comporte les éléments suivants : ʺSchmlttner Verstllst D.R.P Beaumuster 5041 E1 Werk-Nr 40364 Gew. 10 kgʺ. Le jeudi 3 novembre 2005, Monsieur Raphaël Grand, qui participe, au sein de l’association ‘Mountains Riders, au nettoyage de sites en montagne, confirme l’existence de débris d’avions en ce point, et que d’après les éléments qu’il a trouvés, il s’agirait d’un Junkers 88 A 4.

Monsieur Jean-Louis Delattre, chercheur indépendant, confirme qu’une personne de la région de Bourg Saint Maurice, qui a récupérée une grande partie des débris, indique qu’il s’agit des débris d’un Junkers 88 A 4. Aucun militaire allemand décédé dans ce lieu n’est inscrit à l’état-civil des décès à la mairie de Bourg-Saint-Maurice, ni dans les communes avoisinantes. Le carnet de bord n’a pas été retrouvé et il n’y a plus de témoins en vie ayant participé à la découverte de l’épave en septembre 1944.

LE JUNKERS 88

Conçu en Allemagne en 1935 par Junkers en tant que bombardier moyen et rapide, le Junkers Ju 88 est, en 1944, l’appareil le plus polyvalent de la Luftwaffe. Le Ju 88 a été produit en plusieurs variantes spécialisées, elles-mêmes souvent subdivisées en plusieurs versions : bombardier Ju 88A (vitesse maximale de 470 km/h), chasseur multirôle Ju 88C, chasseurs de nuit Ju 88G et Ju 88R, avions de reconnaissance à long rayon d’action Ju 88D, Ju 88H, Ju 88T, avion antichar Ju 88P, bombardier Ju 88S (vitesse maximale de 615 km/h). 14 676) appareils ont été produits de 1936 à 1945, dont cent-quatre prototypes.

Ju 88 A-4

  • Utilisation : bombardier capable de bombarder en piqué.
  • Envergure : 20,08 m.
  • Longueur : 14,40 m.
  • Hauteur : 4,85 m.
  • Surface alaire : 54,5 m².
  • Moteurs : 2 Junkers Jumo 211 J V12 de 1 410 CV chacun.
  • Vitesse maximale : 470 km/h.
  • Plafond pratique : 8 200 m.
  • Autonomie : 2 730 km (sans bombes).
  • Masse max. au décollage : 14 000 kg.
  • Équipage : 4 hommes.
  • Armement :
    • 5 mitrailleuses cal. 7,92 mm MG 81 (en).
    • 1 mitrailleuse cal. 13 mm MG 131.
    • Jusqu’à 500 kg de bombes à l’intérieur (10 bombes de 50 kg).
    • Jusqu’à 3 000 kg de bombes à l’extérieur : 4 supports sous les ailes pour des bombes d’un poids jusqu’à 1 000 kg (vers l’intérieur) et 500 kg (vers l’extérieur).

ÉPILOGUE

Contrairement aux deux Junkers 52 accidentés le dimanche 20 août 1944, qui étaient des avions transports de troupe ou de transport logistique, le Ju 88A découvert près du mont Miravidi le samedi 16 septembre de la même année est un avion de combat comprenant des capacités de bombardement.

On peut donc supposer qu’il opérait dans les Alpes, à la fois du côté français et sur le versant italien, à partir d’une base installée en Italie du nord.

Quoiqu’il en soit, ce crash conservera toujours une part de mystère…

Éléments recueillis par Bernard AMRHEIN


SOURCES

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