8 janvier 1930 – Le Suisse Walter Mittelholzer survole la ‘Kayser Wilhelm-Spitze’ (l’actuel Kilimandjaro), au Tanganyika


Dans sa découverte de l’Aviation de montagne au plan mondial, Pilote de montagne (PDM) n’a pas encore eu l’occasion de s’intéresser vraiment à la conquête des sommets africains (hormis un tweet en date du jeudi 18 février 2021 rappelant que, le dimanche 18 février 1973, Daniel Bauchart et Didier Potelle réalisaient le premier atterrissage homologué d’un hélicoptère au sommet du Kilimandjaro [5 895 m d’altitude] aux commandes de la SA 319B Alouette III n° 01, d’une masse de 1 550 kg. Ils se posaient sur le mont Kenya trois jours plus tard). Aujourd’hui, intéressons-nous à un pilote suisse réputé pour la qualité de ses photos aériennes et pour le premier survol du géant africain…

RÉSUMÉ

Né à Saint-Gall (Suisse) le lundi 2 avril 1894 au sein d’une famille de boulangers et décédé en Styrie (Autriche) le dimanche 9 mai 1937, Walter Mittelholzer est un pilote, un photographe, un voyageur et un écrivain suisse, également pionnier de l’aviation civile en participant au lancement de la compagnie d’aviation Swissair.

UN PHOTGRAPHE-AVIATEUR

Walter Mittelholzer obtient sa licence de pilote en 1917 et, l’année suivante, termine son instruction de pilote militaire. Is sert alors comme observateur et photographe militaire.

Le mercredi 5 novembre 1919, il fonde une société de photographies et de transports aériens avec Alfred Comte (Comte, Mittelholzer & Co) et, en 1920, fusionne son entreprise avec Ad Astra Aero, une valeur plus sûre du point de vue financier. Mittelholzer devient alors directeur et pilote en chef d’Ad Astra Aero.

Le mardi 10 mars 1925, il effectue un vol au-dessus du Damawend, un sommet culminant à 5 671 mètres en Iran.

UNE IMAGE INÉDITE DE SA PATRIE

Cependant, la renommée de Mittelholzer ne doit pas grand-chose à ses postes de direction dans les compagnies aériennes. Ses expéditions internationales et ses talents de photographe, d’auteur, de cinéaste et de promoteur sont été primordiaux.

En Suisse, il créée et gère un marché de la photographie aérienne. Le montgolfier suisse et pionnier de la photographie aérienne Eduard Spelterini avait déjà pris d’excellentes photographies aériennes avant la première guerre mondiale. Mais après la guerre, en tant que photographe et éclaireur aérien expérimenté, Mittelholzer porte rapidement ce concept à un niveau supérieur. Entre autres choses, il prend des photographies aériennes d’usines dans le but de les à leurs propriétaires. Alpiniste aguerri, il photographie désormais les massifs à partir d’avions branlants et depuis de grandes hauteurs.

À l’ère de Google Earth, difficile de vraiment comprendre l’attrait de ce point de vue remarquable. Les photographies aériennes de Mittelholzer permettent de saisir la vue peu familière de l’environnement et du paysage d’une manière qui, en tant qu’expérience réelle, n’était véritablement appréciée que par les pilotes et leurs passagers. Pour Mittelholzer lui-même, la photographie aérienne est un changement de perspective visuellement enregistré dans le sens figuratif. Cela devient une façon d’acquérir une perception plus complète du monde :

La photographie aérienne va jouer un rôle important dans l’avenir. […] Un autre monde, jusque-là invisible au commun des mortels, s’ouvre maintenant à tous…

Publié en 1928 et intitulé ‘Alpenflug’ (‘Vol au-dessus des Alpes’), l’ouvrage de Mittelholzer est illustré de près de 200 photographies aériennes représentant sommets et vallées alpines. Il est vendu à des milliers d’exemplaires.

Maintenant que sa patrie est dûment répertoriée, reste à entreprendre l’exploration de l’une des parties les moins connues de l’Europe, comme l’île norvégienne du Spitzberg en 1923, par exemple…

MITTELHOLZER ET L’AFRIQUE

Cependant, pour accéder à la postérité, rien de tel que de capturer des images exotiques, dans tous les sens possibles du terme. Dans ce contexte, l’Afrique du début de l’ère coloniale représente la Terra ingognita’ idéale car elle est encore sauvage, authentique, donc fascinante pour un large public.

Traverser l’Afrique… en hydravion

Et quoi de mieux, pour traverser le « continent noir », qu’un hydravion ? Cette idée pourrait paraître particulièrement saugrenue au commun des mortels, mais n’oublions pas qu’il s’agit de vendre de l’image et, par-delà, des livres illustrés de nombreuses photographies. Il faut du sensationnelle, traverser des paysages de déserts et de savanes en hydravion, mais aussi pouvoir se poser partout où il existe des plans d’eau, des rivières, des fleuves, alors qu’il n’existe encore aucun aérodrome digne de ce nom, ni aucune surface reconnue et entretenue en brousse…

Intéressant du pont de vue technique, mais aussi accrocheur pour le lecteur.

Le Dornier ‘Merkur’ CH-171

L’appareil allemand sélectionné est dérivé du Dornier ‘Komet III’ équipé d’un moteur BMW VI de 600 CV. Le premier vol a lieu le mardi 10 février 1925. Les jeudi 24 et mardi 29 juin 1926, un ‘Merkur’ piloté par Walter Mittelholzer et Georg Zinsmaier établit sept records du monde.

L’aviateur suisse équipe le ‘Merkur CH-171’ de flotteurs. La coque accueille un salon et une chambre pour un équipage de quatre personnes.

Surnommé ‘Suitzerland’ (en dialecte suisse, donc), l’aéronef décolle le vendredi 17 décembre 1926 depuis le lac de Zurich.

L’aviateur-photographe effectue alors le premier survol, du Nord au Sud, de l’Afrique. Le périple nécessite 23 escales et dure 77 jours pour parcourir une distance totale de 14 850 kilomètres. Il amerrit au Cap (Afrique du Sud) le lundi 21 février 1927.

Des reportages de haute volée

Les rapports et les prises de vues effectués à l’étranger par Mittelholzer sont attendus. Le mardi 22 mars 1927, le Neue Zürcher Zeitung (NZZ) décrit l’accueil triomphal réservé au pilote à Zurich, à son retour du Cap. Pour mémoire, les deux autres membres de l’expédition africaine, Arnold Heim et René Gouzy, ne sont mentionnés qu’au passage.

Les étapes et les récits du vol audacieux, témoins de l’entreprenariat suisse, de la persévérance, du goût de l’aventure et du souci de la sécurité aérienne, sont suivis avec avidité par tout le pays. Les Suisses savent à quoi s’attendre avec leur Mittelholzer qui sait non seulement piloter un avion à travers des pays inconnus, mais aussi les photographier et filmer en vol. Dans le contexte colonial de pays exotiques et « inconnus », Mittelholzer devait donc incarner, publiquement, toute une série de vertus traditionnellement attribuées aux suisses. La NZZ rapporte également comment Mittelholzer, en héros national accompli, a géré cette pression.

Le raid, comme le souligne Mittelholzer, n’est pas seulement une tentative de battre des records, mais une exploration en images, en mots et en films. L’expédition revient avec un riche butin et consciente d’avoir répondu, pour l’essentiel, aux attentes du grand public.

Les étapes

L’expédition aérienne de Mittelholzer est résumée dans un tableau (en allemand) dans lequel l’huile (‘Öl’) est mentionnée en kilogrammes. À noter, également, qu’il y manque l’étape East London/Le Cap, en Afrique du Sud (Colonie du Cap :

Étape Carburant Huile
Zurich (Suisse) 450 L 40 kg
Marina di Pisa (Italie) 400 L /
Naples (Italie) 1 100 L 70 kg
Alexandrie (Égypte britannique) 700 L 40 kg
Louxor (Égypte britannique) 250 L /
Assouan (Égypte britannique) 700 L 40 kg
Dongola (Soudan anglo-égyptien) 500 L /
Khartoum (Soudan anglo-égyptien) 700 L 30 kg
Malakal (Soudan anglo-égyptien) 500 L 25 kg
Mongalla (Soudan anglo-égyptien) 500 L 20 kg
Butiaba* (Ouganda/Protectorat britannique) 1 000 L 40 kg
Kisumu (Afrique orientale britannique [Kenya]) 400 L 20 kg
Muanza* (Mozambique [Portugal]) 1 200 L 70 kg
Uvira* (Congo belge) 600 L 45 kg
Kigoma (Afrique orientale allemande [Tanganyika]) 500 L 25 kg
Bismarckburg (Afrique orientale allemande [Tanganyka]) 500 L 25 kg
Karonga (Nyasaland/Protectorat britannique) 550 L 40 kg
Fort Johnston (Nyasaland/Protectorat britannique) 450 L 25 kg
Chinde (Mozambique [Portugal]) 400 L 25 kg
Beira (Mozambique [Portugal]) 1 000 L 45 kg
Lourenço Marquez (Mozambique [Portugal]) 600 L 45 kg
Durban (Afrique du Sud) 600 L 30 kg
East London (Afrique du Sud) 1 300 L 60 kg
TOTAL 16 000 L 800 kg

 * Points de départ planifiés de vols locaux exploratoires.

CRÉATION DE LA SWISSAIR

En 1931, Mittelholzer est nommé directeur technique et instructeur en chef de la nouvelle compagnie helvétique Swissair.

Il fonde alors Swissair Photo AG (AktienGesellschaft/Société par action) dans le but de diffuser ses photos aériennes auprès du grand public.

Cette société existe toujours sous le nom de Swissphoto Group AG.

LE SURVOL DU KILIMANDJARO

Le mercredi 8 janvier 1930, il devient le premier aviateur à survoler le Kilimandjaro.

La conquête pédestre

La conquête du plus haut sommet d’Afrique n’a pas été une mince affaire. En effet, en 1887, le géologue Allemand Hans Meyer, bien que conseillé par le comte hongrois Sámuel Teleki, un précurseur malheureux échoue, lui aussi, dans sa première tentative, à 5 400 mètres d’altitude, par manque de matériel pour affronter la glace accumulée au sommet. Il recommence l’année suivante, accompagné du géographe Autrichien Oscar Baumann, mais les deux hommes sont faits prisonniers au cours de la révolte d’Abushiri et doivent verser une rançon de 10 000 roupies.

Après ces deux échecs, Meyer décide de se faire accompagner de son ami Ludwig Purtscheller, un alpiniste Autrichien, ainsi que de Yohanas Kinyala Lauwodu, un soldat wachagga. Bien préparés et soumis à une discipline très stricte, ils atteignent enfin, le 3 octobre 1889, le cratère du Kibo, à 5 860 mètres d’altitude. Les hommes constatent que, pour escalader le sommet, il leur faut contourner la crête rocheuse. Ils parviennent enfin au sommet le 5 octobre 1889, après avoir passé plusieurs heures à tailler, au piolet, des marches dans la glace les jours précédents.

Ils baptiseront le sommet Kaiser-Wilhelm-Spitze (Pic de l’Empereur Guillaume), nom qui restera jusqu’à l’indépendance du Tanganyika, en 1961. Ils entreprennent par la suite l’ascension du Mawenzi et passent au total seize jours à plus de 4 000 mètres d’altitude en étant confrontés à des températures proches de -14°C.

Mittelholzer en Abyssinie

Entre le 2 et le 23 février 1934, Mittelholzer et son équipe survolent les Alpes et rallient successivement Athènes, Jérusalem, Tel-Aviv, Le Caire et Assouan, en effectuant un détour par Petra et avec, comme comme destination finale, Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. Mittelholzer parcourt ainsi 7 118 km en 46 heures t 28 minutes de vol.

L’objectif du survol de l’Abyssinie est de convoyer, vers la cour de l’empereur éthiopien Hailé Sélassié Ier, un trimoteur Fokker F.VIIb 3m immatriculé CH 192. En plus du documentaire sur le vol aller, comprenant de nombreuses prises de vues aériennes, Mittelholzer photographie l’empereur Hailé Sélassié, la cour, l’armée et visite diverses tribus dans le sud de l’Éthiopie.

C’est dans ce cadre qu’il survole la région du Kilimandjaro et la Kayzer Wilhelm-Spitze. Intitulé ‘Kilimandjaro Flug’, l’ouvrage qu’il tire de cette virée traite donc bien d’une aire géographique et des peuplades qui l’habitent, et non spécifiquement du point culminant de l’Afrique…

UNE VISION COLONIALISTE DE L’AFRIQUE

Par ailleurs, les voyages que le Suisse entreprend en Afrique reflètent un indéniable esprit colonial. À travers ses clichés et récits de voyage, Walter Mittelholzer opère systématiquement une distinction entre Noir et Blanc, sauvage et civilisé, mais aussi arriéré et avancé.

Cette conception est toutefois moins un point de vue particulier que le reflet de l’opinion dominante du début du XXe siècle. Seuls les éthiopiens, dont l’empereur avait d’ailleurs commandé un avion livré par Walter Mittelholzer en personne en 1934, sont à ses yeux les égaux des Européens.

Intitulé ‘Mittelhozers Abbessinienflug’ (1934) et tourné deux ans avant l’invasion italienne, le reportage du photographe-aviateur témoigne des modes de vies de l’un des deux seuls États libres d’Afrique :

MITTELHOLZER ANTHROPOLOGUE

Les livres de Mittelholzer sur ses expéditions aériennes à l’étranger, qu’il publie fréquemment, sont aussi des best-sellers. Citons, en particulier :

  • Im Flugzeug dem Nordpol entgegen (1924) / En avion aux abords du Pôle Nord (1924).
  • Persienflug (1926) / Survol de la Perse (1926).
  • Afrikaflug (1927) / Survol de l’Afrique (1927).
  • Mittelmeerflug (1930) / Survol de la Méditerranée (1930).
  • Kilimandjaro Flug (1930) / Survol du Kilimandjaro (1930).
  • Tschadseeflug (1932) / Survol du lac Tchad (1934).
  • Abessinienflug (1934) / Survol de l’Abyssinie (1934).

Comme ‘Alpenflug’, ces titres sont richement illustrés de sections de photographies. Cependant, Walter Mittelholzer ne se limite pas aux image aériennes. En dehors de la Suisse, il photographie et filme au ras du sol. En Afrique et au Moyen-Orient, il devient le photographe de reportages de ses propres expéditions, tout comme « des pays et peuples » rencontrés.

UN PIONNIER DU COMMERCE DE L’IMAGE

Pilote, auteur, entrepreneur, coqueluche des médias, cofondateur de Swissair et photographe aérien, Walter Mittelholzer a certes plus d’une corde à son arc. Et le Saint-Gallois n’a pas, non plus, peur de monnayer son talent. Grâce à un sens des affaires particulièrement développé et à une immense confiance en lui, il édite des livres, vend des reportages et produit des films, mais vend aussi d’innombrables prises de vues aériennes panoramiques.

L’aventurier volant est connu pour toujours parfaitement documenter ses péripéties et surtout réussir à leur donner une dimension commerciale. Les médias de l’époque obéissant déjà au mot d’ordre « Le temps, c’est de l’argent ! », photos et textes doivent être expédiés de l’étranger dans les plus brefs délais. Non seulement Walter Mittelholzer sait s’adapter aux besoins de la presse, mais la chambre noire installée dans son avion lui permet même de réagir aux changements de luminosité et de reprendre des photos lorsque les tirages effectués en vol se révèlent flous.

UN PIÈTRE PILOTE

Excellent communicant et commerçant, Walter Mittelholzer n’était pas un virtuose du pilotage, surtout au moment de l’atterrissage :

  • En 1929, le Dornier Merkur CH-142 d‘Ad Astra Aero AG termine sa course dans un hangar de l’aérodrome de Davos (Canton des Grisons/Suisse).
  • En 1935, le Lockheed 9 B Orion de la Swissair termine sa course en « pylône » sur l’aérodrome de Bâle.
  • En 1936, dans le cadre d’un vol Dübendorf-Londres, un Douglas DC-2 n’arrive pas à décoller du fait d’un mauvais calage des hélices et termine sa course dans un arbre.
  • La même année, il s’écrase avec un Lockheed 9 B Orion de la Swissair à Pilsen, au sud-ouest de Prague (Tchécoslovaquie).

Tout autre pilote aurait vu sa carrière brisée dès le premier crash…

UNE FIN TRAGIQUE

Il meurt accidentellement le 9 mai 1937 en faisant de l’alpinisme dans une région montagneuse de Styrie, en Autriche.

En 1942, en pleine seconde guerre mondiale, les autorités suisses érigent et inaugurent, sur l’aéroport de Dübendorf, un mémorial en l’honneur de Walter Mittelholzer. La cérémonie se déroule en présence du général Henri Guisan, du conseiller fédéral Elio Celio et d’autres invités de marque, ce qui officialise son statut de héros national suisse.

Bien entendu, l’emplacement du mémorial n’est pas choisi par hasard. En tant que pilote et entrepreneur, Mittelholzer a joué un rôle déterminant dans le développement et l’expansion de l’aviation civile en Suisse et, en particulier, à l’aéroport de Dübendorf dans la période après la Première Guerre mondiale. Il a été cofondateur, directeur et pilote en chef de la compagnie aérienne zurichoise Ad Astra Aero. Quand Ad Astra Aero et Balair fusionnent pour devenir Swissair en 1931, Mittelholzer devient le directeur technique de cette première compagnie aérienne nationale.

En 1947, un film intitulé ‘Walter Mittelholzer, Pionnier der Lüfte I 1947 ‚Walter Mittelholzer, Pionnier des airs I 1947‘, présente les principales facettes du personnage.

MITTELHOLZER AUJOURD’HUI

En 2015, une exposition organisée à Saint Gall, sa ville natale, retrace la carrière très diversifiée de l’une de ses figures les plus connues, en insistant bien sur des reportages à caractère ethnographique certes bien dans l’air de son temps mais, bien entendu, sujets à controverse de nos jours.

ÉPILOGUE

En à peine vingt ans, Walter Mittelholzer a vécu plusieurs vies d’aviateur en une. Pilote nullement exceptionnel (il se crashe à plusieurs reprises), il possède cependant ce que bien d’autres n’ont pas : le goût de la nouveauté. C’est pourquoi il recherche le dépaysement, dans le Grand Nord tout d’abord, en Afrique ensuite.

Et l’Afrique, c’est véritablement l’aventure et l’exotisme assurés. Rien d’étonnant qu’il donne du Continent noir une image assez stéréotypée. N’oublions pas que c’est pratiquement l’époque de la Croisière noire (1924-1925) et de ‘Tintin au Congo’ (1931), donc de l’homme blanc doté du savoir et de la sagesse, confronté à des civilisations encore vierges et à des individus « sauvages », à traiter comme des enfants. Cette vision est certes fermement condamnée de nos jours (quand la bande dessinée cité plus haut n’est pas victime d’autodafés…), mais c’est véritablement céder au ‘Wokisme’ que de juger des pratiques anciennes et révolues à l’aune des prises de conscience actuelles. Pour notre part, nous saluons les exploits d’un aviateur hors du commun tout en prenant acte du contexte colonial (ou franchement colonialiste) dans lequel il évoluait au moment de l’expédition aérienne.

Pour sa défense, il faut noter que Walter Mittelholzer aura permis de conserver des images et des films de peuplades primitives dont le souvenir, s’il ne les avait pas rencontrées, aurait été irrémédiablement perdu.

Ensuite, à l’heure de la Full High Definition (FHD), saluons la qualité des photographies prises tout au long de ces années de reportage. Une véritable ode à la photographie argentique

Enfin, Walter Mittelholzer est bien un aviateur de montagne, mais du type de ceux qui survolent les massifs et les sommets, en les photographiant au passage, que l’idée de s’y poser n’effleure même pas, surtout aux commandes d’un hydravion…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein


BIBLIOGRAPHIE

Publication en français

  • Walter Mittelholzer, René Gouzy et Arnold Heim (traduit de l’allemand), R-A-S-T en hydravion de Zurich au Cap de Bonne-Espérance : le Raid Aérien Suisse-Transafricain [ʺAfrika Flug im Wasserflugzeug ‘Switzerland’ von Zürich über den dunkeln Erdteil nach dem Kap der guten Hoffnungʺ], Neuchâtel, La Baconnière, 1927, 182 pages. Préface d’Albert Heim ; traduction des textes allemands par René Gouzy ; photographies de Mittelholzer et Heim.

CARTES


SOURCES

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