2 septembre 1849 – Francisque Arban réalise la première traversée des Alpes par la voie des airs


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’aviation de montagne ne commence pas en Suisse au début des années 1950, mais en France et en Italie, plus d’un siècle plus tôt. C’est en effet le dimanche 2 septembre 1849 qu’un aéronaute français quitte Marseille pour rejoindre une destination forcément inconnue, de l’autre côté des Alpes…

Auteur d’un exploit somme toute exceptionnel, Fancisque Arban n’a malheureusement pas laissé grande trace, ni dans l’historiographie, ni au plan des illustrations. Il faut donc se référer au seul document existant, systématiquement repris par toutes les sources consultables sur l’Internet.

ARBAN L’AÉRONAUTE

Francisque Arban, également connu sous le nom de Francesco Arbandi Lione, naît à Lyon vers 1800. Il est l’un des dix enfants de Simon Alban, artificier. Francisque Arban réalise en France plusieurs vols en ballons à partir de 1832.

C’est avec Comaschi qu’il lance sa carrière aéronautique, en le suivant à Turin et à Naples en 1841, puis seul, en accomplissant de nombreuses ascensions en ballon en Italie, en Autriche, en Espagne et en France. Entre 1845 et 1849, il est très connu pour ses vols en Italie où il réalise son douzième vol à Rome en avril 1846.

LA TRAVERSÉE DES ALPES

Le dimanche 2 septembre 1849, Francisque Arban, à bord d’un ballon à hydrogène, réalise la première traversée des Alpes. Il s’envole du Château des Fleurs, à Marseille, à 18h 30, survole le massif de l’Estérel à 4 000 mètres d’altitude, puis le mont Viso à 4 600 mètres d’altitude à 1 h 30 du matin le 3 septembre pour atterrir à 2 h 30, à proximité d’une ferme du village de Pion Porte, près de Stupinipi, à environ 6,4 kilomètres à l’ouest de Turin.

UNE FIN TRAGIQUE

À peu près à la même période, Francisque Arban décolle de Nîmes vers 19 heures, s’élève vers 3 600 mètres d’altitude. Trouvant un vent favorable, il envisage d’atteindre Lyon, mais il est contraint de se poser vers 21 h 30 à Alissas, près de Privas (Ardèche). Il a néanmoins parcouru 38 lieues en 2 h 30.

Le dimanche 7 octobre 1849, il décolle de Barcelone avec son épouse à bord du ballon. Les conditions météorologiques n’étant pas excellentes, il décide de se reposer pour laisser sa femme au sol avant de repartir. Son ballon est soufflé sur la Méditerranée et il disparaît sans laisser de trace.

ÉPILOGUE

Si Francisque Arban est « un illustre aéronaute lyonnais méconnu », c’est bien que son exploit n’a pas été évalué à sa juste valeur, ni à l’époque, ni ultérieurement. Il faut dire que traverser les Alpes en ballon, qui plus est de nuit, relève d’une imprudence certaine pour l’époque. En outre, son aventure finale en Catalogne ne plaide guère pour l’ériger en exemple pour les jeunes générations d’aéronautes. Il n’empêche qu’il est bien le premier humain à avoir franchi les Alpes par la voie des airs et ça, personne ne peut le lui contester… Ce n’est que bien plus tard, dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 janvier 1906, que l’Espagnol Jesús Fernández Duro franchira les Pyrénées et atterrira dans la région de Guadix, à 7 kilomètres de Grenade, pour demander sa position à un paysan travaillant dans son champ.

Il faut donc avouer que le ballon n’est pas le moyen idéal de se déplacer en montagne, milieu particulièrement venté et dans lequel il est extrêmement difficile de se poser avec précision. Ce constat valant également, plus tard, pour les premiers dirigeables, il faut se résoudre à l’évidence : ce n’est pas par les aéronefs plus légers que l’air que pourra s’opérer la conquête du milieu montagneux, mais bien par des moyens plus lourds que l’air.

De nos jours, certains aéronautes n’hésitent pas à braver la très haute altitude pour survoler les massifs en ballon, mais aussi en dirigeables. Ainsi, l’entreprise française Flying Whales a conçu le LCA60T, un dirigeable capable de transporter jusqu’à 60 tonnes, dans un silence remarquable, et au prix d’une dépense énergétique de très loin inférieure à celles nécessaires pour faire voler des engins équipés de moteurs thermiques devant être alimentés au kérosène. Cet appareil pourrait accomplir des tâches de transport lourd vers des points inaccessibles par la route et remplacer, dans une certain mesure, l’hélicoptère pour des coûts moindres. Grâce aux technologies les plus modernes, en particulier une propulsion électrique puissante au rendement immédiat à haute altitude et à des hélices performantes pouvant passer, quasi instantanément et individuellement, en mode reverse, le ballon dirigeable pourrait connaître un regain d’intérêt pour dans le cadre d’activités commerciales (de travaux, publics et privés)…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein

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