2 août 1957 – Le premier pilote d’hélicoptère de la gendarmerie s’écrase au redécollage depuis le refuge de l’Envers des Aiguilles


2 août 1957 – L’hélicoptère SE.3130 Alouette II F-MJSA N° 1075, appartenant à la Section de Gendarmerie Nationale de Lyon, piloté par le lieutenant Bernard Collard, heurte un rocher au décollage depuis le refuge de l’Envers des Aiguilles (74). L’appareil s’écrase au fond d’un ravin. Le pilote et trois guides trouvent la mort. Le site Internet https://gendarmeriehommage.blogspot.com/ relate les circonstances de ce tragique accident…

L’ARTICLE DE GENDARMERIEHOMMAGE.BLOGPOST

« Le 2 août 1957, un hélicoptère de Gendarmerie SNCASE SE.3130 Alouette II décolle de Bron (69) pour se rendre à Chamonix-Mont-Blanc (74) où un alpiniste a été victime d’une grave chute en haute-montagne, à environ 2 400 mètres d’altitude.

Arrivés à destination, les secours ne peuvent cependant que constater le décès de Charles-Henri Vélin (69 ans). Alors que trois sauveteurs restent sur les lieux de l’accident, le corps du défunt est héliporté vers l’hôpital le plus proche. Pilotant l’hélicoptère, le lieutenant Bernard Collard va ensuite récupérer les membres d’équipage laissés sur place. Une fois ceci fait, sur le chemin du retour, un nouveau drame va se produire. Survolant la montagne à près de 3 000 mètres d’altitude et propulsé par un vent très violent, l’appareil entre en collision avec une paroi rocheuse. Devenu incontrôlable, l’aéronef finit par s’écraser très violemment, tuant sur le coup le LNT Collard, un policier de la CRS n°147 de Grenoble (38) ainsi que les sauveteurs civils Jean Ducroz (28 ans, marié et père d’un enfant) et René Rionda (35 ans, marié et père d’un enfant) trouvent la mort dans ce crash.

Né le 13 juillet 1927 à Châlons-sur-Marne devenu Châlons-en-Champagne (51), le lieutenant Bernard Collard affichait cinq ans de services dans la Gendarmerie et était affecté à la Section Hélicoptères de la 8e Région de Gendarmerie à Bron depuis le 1er août 1957. Premier officier de Gendarmerie à être breveté pilote d’hélicoptère, il avait effectué plusieurs missions en zone de guerre en Indochine et en Algérie. À titre posthume, il reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, la Médaille de la Gendarmerie et la Médaille d’Honneur pour Actes de Courage et de Dévouement (échelon or). Il avait 30 ans. »

ÉPILOGUE

Il est toujours difficile d’évaluer un accident de cette nature en l’absence d’images ou de témoins oculaires familiers du vol en montagne. Interrogé par le journal ‘Le Monde’ dans son édition du 3 août 1957, le pilote Firmin Guiron, ‘le pilote du mont Blanc’, un grand expert du vol en montagne, suppose que l’appareil a été plaqué contre les rochers par un vent rabattant, hypothèse hautement crédible.

Ce drame du secours en montagne, de l’aviation de montagne et de la montagne tout court, illustre bien que, seul face aux éléments, le pilote de montagne n’a que très peu de temps pour analyser la situation et prendre les bonnes décisions. Comme au sol, se mouvoir dans ce monde minéral, surtout en hélicoptère, n’est pas donné au commun des mortels.

Le drame, c’est aussi que le lieutenant Bernard Collard aura emporté avec lui de très jeunes guides de haute montagne, promis à un avenir radieux dans ce massif qu’ils aimaient tant…

Éléments recueillis par Bernard Amrhein


SOURCE

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