4 décembre 1842 – Premier vol de ballon en Équateur


Comme on l’a vu récemment, l’Équateur a été le théâtre de la première traversée des Andes par le pilote italien Elia Liut le jeudi 4 novembre 1920.

Aujourd’hui, grâce au site PULSO GUAYACO, Pilote de montagne (PDM) est en mesure de relater l’histoire du premier vol habité dans ce pays, il y a maintenant 178 ans.

L’HISTOIRE DU PREMIER VOL HABITÉ EN ÉQUATEUR

(Article paru sur le site le dimanche 29 novembre 2020).

« Une foule s’emparait des places du centre de Quito. Les balcons étaient pleins. Dans la capitale, on avait entendu dire qu’un étranger volerait dans le ciel de la capitale.

L’aéronaute argentin José Maria Flores allait relever ce défi : survoler Quito en ballon. C’était la première fois que ce défi était relevé dans le pays, dans une ville située à 2 800 mètres au-dessus du niveau de la mer.

C’était l’après-midi du [dimanche] 4 décembre 1842. L’affaire avait suscité des attentes. Flores, qui avait déjà traversé le Pérou et le Chili, prévoyait de décoller de la cour du couvent de l’église Saint-Augustin.

« Comme l’aéronaute manquait d’hydrogène pur et de gaz carbonique, il a gonflé son ballon en y introduisant de l’air chaud », note la chronique du quotidien quiténien Gaceta del Ecuador.

Une fois prêt, le ballon commença à s’élever. Il se détachait peu à peu du sol devant l’admiration des citoyens. L’appareil se dirigeait vers le sud. Les gens ont commencé à le voir de différents coins.

« Un cri confus mêlé d’émerveillement, de contentement, de piété et de tendresse, accompagna la marche du ballon qui, remontant à 300 pieds sur le centre de la ville, descendit en ligne parabolique… », note la Gaceta.

L’aéronaute a commencé à descendre avec dextérité près du bâtiment de l’hôpital de San Lázaro, situé sur les flancs du Panecillo[i]. Le public a commencé à l’applaudir. C’était un moment de folie.

Carondelet était au courant de ce qui s’était passé cet après-midi-là. Le président de la République de l’époque l’a reçu pour le féliciter et reconnaître son exploit.

L’exploit de José María Flores a été enregistré comme le premier vol habité en Équateur.

Quelques jours avant ce 4 décembre, José María Flores avait effectué deux tentatives, la première depuis le parc d’El Ejido. Le ballon a été endommagé lorsqu’il a été suspendu à quelques mètres de hauteur par une puissante rafale de vent.

La deuxième fois, le vice-commissaire de police, Tomás Gutiérrez, a tenté de l’arrêter parce qu’il ne comprenait pas exactement ce que Flores était sur le point de faire.

Le lundi 16 janvier 1843, il y eut une autre ascension de Flores au-dessus de Quito. Elle se produisit près de 60 ans après les débuts de l’aéronautique dans le monde avec le vol du ballon des frères Montgolfier.

Flores ne resta pas à Quito. Cette année-là, il s’installa en Colombie où, en juin 1843, il effectua une démonstration avec son ballon à Popayán. Cette fois-ci, il partit de la cour du Collège royal et du Séminaire et, selon les récits, monta environ à 400 mètres de hauteur.

Trois mois plus tard, il effectua une démonstration à Bogota. Dans cette ville, il produisit son propre ballon de toile, de 25 verges de haut et 15 de large. Ce vol fut un peu cahotique, mais l’aéronaute survécut et poursuivit ses exhibitions dans d’autres villes colombiennes.

L’aventurier voulait exporter ses démonstrations au-delà de l’Amérique du Sud. En 1948, Flores, sa femme et sa fille, arrivent au Guatemala avec leur ballon dans un coffre. Le spectacle est annoncé sur la Plazza de Toros, en présence du président.

En s’élevant, le ballon commença à brûler. En premier lieu les liens qui le soutenaient et la nacelle. L’aéronaute est tombé. Personne ne parvint à le ramener à la vie. Il était parti et avec lui finissait tout un raid qui lui avait permis de parcourir certains pays latins. »

Traduit de l’Espagnol par Bernard Amrhein


SOURCE :


NOTE :

[1]   « El Panecillo (de l’espagnol : « petit pain ») est une colline de Quito en Équateur. À son sommet se trouve la statue de la Vierge de Quito. » 

Previous Éditorial 2 - "Vallée blanche ou vallée noire ?" - Un édito de Gérard DAVID dans le magazine "PILOTER"
Next 11 décembre 1962 - "Posé dur" sur le dôme du Goûter

No Comment

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code