Éditorial 2 – “Vallée blanche ou vallée noire ?” – Un édito de Gérard DAVID dans le magazine “PILOTER”


Pour faire écho à notre article intitulé Qui a tué la mer de Glace – L’accusé entre “Flygskam” et réalité (rajouter le lien vers l’article), mis en ligne sur notre site Internet le 9 novembre 2020, Pilote de montagne (PDM) publie, avec l’aimable autorisation de son auteur, l’éditorial du numéro 84 du magazine Piloter, paru le 28 octobre 2020. Dans ce pamphlet, Gérard David s’insurge contre la fermeture de l’aérodrome de Sallanches/Mont-Blanc (LFHZ/74/Haute-Savoie).

Comme Pilote de montagne (PDM), soutenez la pétition demandant la réouverture de cette plateforme.

Vallée Blanche ou vallée Noire ?”

« Déjà grise et grisée seulement des tonnes de gaz d’échappement lâchées par les milliers camions qui la remontent en toutes saisons pour gagner le tunnel du mont Blanc, la vallée Blanche est-elle en train de noircir définitivement ? En se parant, sans en tirer les merveilleux effets de la peinture d’un Soulages, de la couleur la plus noire des pires situations de bison futé ou des écrans de nos cockpits EFIS [1] en cas de panne électrique totale ?

Le ministre délégué aux Transports a signé en effet l’arrêt de mort au 1er Septembre, dernier de Sallanches. L’un des rares terrains français ne « bénéficiant » pas d’association de riverains hostiles et la seule plateforme aéronautique existant sur les 80 kilomètres qui séparent Annemasse pour les avions, de Chamonix pour les hélicoptères. Texte ministériel qui fait Droit, encore que le mot ne convienne pas vraiment et fasse l’objet de tous les recours juridiques possibles, gracieux d’abord, et au Conseil d’État le cas échéant, à des querelles et intérêts divergents entre l’État, la Région, les élus locaux, les autorités aéronautiques et les responsables des associations avions et ULM [2] basées sur le terrain.

L’aérodrome de Sallanches/Mont-Blanc

Sans les études techniques et d’impact ni les concertations préalables exigées officiellement pour toute mesure de cette nature. Malheureux COVID, qui n’a pas encore mis fin, contrairement à tous les espoirs citoyens, à l’omnipotence totale, exclusive, unilatérale d’une Administration qui, trop souvent, gouverne seule en lieu et place du Gouvernement ! Ce qui va priver toute la vallée Blanche non seulement les aviateurs amateurs d’un beau terrain alpin, mais aussi l’ensemble des populations, très nombreux résidents, touristes venus du monde entier, industriels l’utilisant pour leurs usines, de la seule aire de recueil posable et possible, notamment pour les secours en cas, hélas connus, d’avalanche ou d‘incendie au tunnel du Mont blanc.

Cet impératif de sécurité publique générale n’a, à l’évidence, pas été pris en compte face à la « vengeance », épousée par le ministre- « pilote » et la DSAC régionale, du Maire réélu de Sallanches contre l’annulation par le tribunal administratif de son premier arrêté de fermeture, heureusement jugé illégal. Les suites, juridique, judiciaire, médiatique, politique etc. nous diront ce qu’il peut advenir de ce genre de décision impropre qui menace aussi, et par exemple, Saint-Rambert-d’Albon, siège entre autres, de notre cher AéroRétro, dans une autre grande vallée, celle du Rhône. Mais au lieu de se rallier aux « On ferme ! » devenu le cri de guerre d’ayatollahs écologistes et d’élus ignorants ou intéressés par d’autres promotions, les décideurs locaux ou régionaux ne seraient-ils pas mieux inspirés de préparer sérieusement l’avenir en ne l’insultant pas par des décisions négatives ?

Pour garder un vario positif et une pente de montée salutaire contre les rabattants qui tentent, un peu partout, de nous clouer au sol, pourquoi ne pas appeler de nos vœux d’aviateurs responsables et soucieux de leur avenir, le maintien, voire la création de plateformes aéronautiques silencieuses ? En les réservant par exemple, à terme, exclusivement aux avions électriques à venir ?

Entre Passy/Mont Blanc et Le-Fayet de Saint-Gervais, une vaste et belle plaine, d’où décollait jadis Air Mont Blanc après Durafour, en 1921, pour le premier posé en glacier… pourrait, par exemple accueillir intelligemment et prospectivement le premier aérodrome « zéro bruit » au monde. Avec une « gloire » ainsi acquise à la hauteur du mont Blanc voisin pour celui ou ceux qui en prendraient l’initiative salvatrice…”

Gérard David / Pilote de montagne / Éditorialiste du magazine Piloter / Conseiller technique de Pilote de montagne (PDM)

Couverture du magazine Piloter n° 84

Previous Un accident en temps de guerre - L'histoire du Vickers Wellington d'Issime (Italie du Nord)
Next 4 décembre 1842 - Premier vol de ballon en Équateur

No Comment

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code