ÉDITORIAL 6 : Autour de notre logo


Le logotype d’une entreprise, d’une commune ou d’une association est censé refléter son identité et, par-delà, ses valeurs. Avant même d’exister, Pilote de montagne (PDM) s’est défini par une charte graphique propre, par un style particulier et, bien entendu, par la liste de ses objectifs… Aujourd’hui, nous revenons sur notre logo afin de le décrypter avec vous…

LES LOGOS DU DOMAINE AÉRONAUTIQUE

La plupart des représentations courantes s’inspirent de ce qui s’est déjà fait par le passé (de ce qui semble traditionnel…) et on a bien du mal à sortir des sentiers battus. Les logos relatifs au domaine de l’aérien représentent donc bien souvent des oiseaux, parfois (très) stylisés, ou tout simplement des ailes, plus ou moins rigides.

On peut même trouver des logos extrêmement simplifiés représentant, par exemple, un avion en papier ou une trace blanche dans le ciel (trace de condensation [cirrus aviaticus] ou ‘chemtrails’)…

De ce fait, on peut prétendre que la plupart de ces logos sont en réalité des armoiries « parlantes » (comme on dit en héraldique) en ce sens qu’elles représentent bien l’activité qu’elles recouvrent, ce qu’un néophyte peut comprendre au premier coup d’œil.

ET NOUS ?

Pilote de montagne (PDM) ne déroge pas à cette règle. En effet, nous avons choisi de rester dans ce que l’on peut considérer comme une norme, un signe compréhensible par le grand public, même par ceux qui n’y connaissent rien en aviation ou que cette activité n’intéresse pas.

Ceci n’est pas un aigle…

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de prime abord, l’oiseau représenté sur notre logo n’est pas un aigle, rapace noble dénotant une certaine ambition et pouvant sembler offensif, agressif, voire menaçant.

Bien au contraire, nous avons choisi un oiseau de très petite taille et totalement inoffensif : le chocard à bec jaune ou Pyrrhocorax graculus, une espèce de passereau à plumage noir métallique brillant, un bec jaune et des pattes d’un rouge vermillon, connu pour ses incomparables qualités de vol, y compris en stationnaire, et pour la grâce de ses évolutions.

L’idée véhiculée par ce symbole ailé est bien la maîtrise du vol en altitude et du moindre courant d’air…

 

Des montagnes stylisées…

Notre chocard à bec jaune s’insère dans un motif géométrique représentant à la fois deux sommets de montagne (un grand sommet à gauche, un sommet moins élevé à droite…) et une lette « M » majuscule.

Si les montagnes s’imposent naturellement, qu’en est-il de la lettre en question. C’est bien simple. En effet, le site Internet www.pilote-de-montagne.com et le compte Twitter associé @PiloteMontagne ont été conjointement créés le mercredi 8 septembre 2020 afin d’accompagner la mise en ligne des briefings consacrés à la Formation du pilote de montagne, ouvrage rédigé et illustré par Robert Merloz avant sa disparition en octobre 2009.

En synthèse…

Par conséquent, notre logo se réfère bien à ce pilote, autant à travers les montagnes, la lettre « M » qui est la première de son nom, et le choix de l’oiseau, qu’on peut prendre pour un petit merle des montagnes… un « Merloz ». Rappelons-nous que le célèbre journaliste Bernard Chabbert accolait à ce nom le qualificatif de « Mozart du pilotage ». Ainsi, la boucle est bouclée. Je pense que, s’il le pouvait encore, Robert Merloz validerait pleinement cet hommage.

ÉPILOGUE

En cette semaine moins mouvementée que la précédente (cf. nos éditoriaux 4 et 5), ces quelques lignes ont au moins le mérite de plaider, une fois de plus, pour une aviation douce dans un cadre majestueux, mais aussi exigeant et parfois dangereux. En effet, si nous présentons bien les aspects agréables de cette pratique (à travers des activités susceptibles de faire rêver les petits et les grands), nous insistons, aussi et beaucoup, sur la nécessité de respecter, scrupuleusement, les règles en vigueur, sur l’ensemble des accidents répertoriés et sur l’utilité des moyens de secours en montagne.

Finalement, Pilote de montagne (PDM) est venu à point nommé pour accompagner la transition écologique en cours dans le domaine de l’aviation générale. Reste à convaincre les aviateurs de montagne, professionnels ou amateurs, de se reconvertir à une motorisation plus verte et, surtout, plus silencieuse, pour aller au-delà même des injonctions d’écologistes surfant sur le catastrophisme ambiant pour toucher un électorat potentiel sans proposer de solutions viables à long terme.

Si nous voulons préserver le véritable privilège que représente le vol en montagne, et voire même le développer dans un avenir proche, l’accompagnement de cette transition, qui nous semble très abordable, s’avère absolument indispensable. C’est le défi que nous devons relever dans la décennie qui s’annonce…

Bernard Amrhein

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